Aventures Autrichiennes : vent, neige, forêt nourricière et permaculture chez Berhnard Grüber!

<– DANUBE : Reprise hivernale en Hongrie contre vent et gouttelettes !

Depuis notre départ du Kosovo, en février, nous étions en recherche d’un endroit où nous arrêter pour continuer notre formation « d’apprentis cultivateurs respectueux de la nature »… Nos recherches nous ont fait prendre la direction de la ville de Wels à l’Ouest de l’Autriche.

Peter et Greti : la vie communautaire en maison partagée.

A Vienne nos hôtes nous avaient partagé l’adresse de Peter et Greti, un couple chez qui ils s’étaient fait accueillir en vélo.

Nous sommes alors arrivés le vendredi 28 février 2020 chez Peter et Greti, non loin de Linz, où nous nous sommes fait accueillir par ce couple de retraités géniaux et leur chien Momo pendant 2 jours.

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Ils vivent dans un corps de ferme qu’ils partagent avec 2 autres familles. C’est comme une grande collocation, ils ont acheté la fermette ensembles et ils se partagent le bâtiment.

Tous ce beau monde est installé ici depuis plus de 30 ans. Il y a eu différentes étapes à cette vie en communauté, entre vivre dans les mêmes pièces à 3 familles au début et maintenant avoir chacun sa propre maison dans le bâtiment et que quelques salles communes, il y a eu du chemin heureux.

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Et comme nous dit Peter :

« ce mode de vie n’est pas toujours tout rose, mais enfin on vit comme ça » !

Aujourd’hui ils partagent certaines pièces avec tout le monde comme la salle pour les machines à laver, un superbe atelier, un sauna/hamam, le jardin, une gigantesque balançoire, la salle des machines pour chauffer les différentes maisons et d’autre endroits que nous n’avons pas visité.

Notre véritable retraite chez eux de 2 jours nous a fait un grand bien après ce froid et ce vent terribles ! Nous commencions la journée par un petit moment où chacun disait aux autres ce qu’il allait faire afin que les autres puissent s’organiser en fonction, comme si nous vivions en communauté et nous nous donnions rendez vous pour les repas. C’était très pratique !

Dans leur maison nous avons découvert leur poêle autrichien, qui nous a fait pensé au Rocket Mass Heater que nous avions appris à construire au Kosovo (–>Construction d’un Roket Mass Heater). Ils ont eux aussi une masse chauffante qu’il est nécessaire en hiver de chauffer en brûlant l’équivalent d’une cagette de bois pendant une demi heure et ensuite les braises chaufferont la masse et fourniront la chaleur pour toute la journée ! Nous étions impressionnés ! Comme quoi il y a de nombreuses façons de se chauffer en consommant peu de bois et c’est en plus très esthétique !

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Peter nous a fait visiter la ferme familiale où les moutons entretiennent le terrain et où ils ont aménagé une chambre d’hôte.

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Notre visite s’est poursuivi par un tour de la parcelle de forêt où il essaie de réimplanter une forêt durable en fonction des espèces d’origines. Il nous a expliqué son passe temps, tout ses tests et ces observations.

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Un soir, ils nous ont même proposé de faire un tour au sauna !! 😀

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Croyez-nous, nous ne pouvions pas refuser ! Et, après plus de 5000 kilomètre à vélo, ça fait pas de mal aux muscles, on vous l’assure 😉 Cerise sur le gâteau, en sortant de cette séance relaxante, ils nous attendaient pour boire un verre de vin, mais pas n’importe lequel, un vin fait à base de Uva Fragola ! Ce même raisin dont nous avions récolté des graines en Slovénie chez Tchopko lorsque nous avions aidé à construire sa maison et qui a un goût de fraise, comme son nom le suggère.

Après ce séjour parfait chez Peter et Greti, nous nous sommes rendu chez Bernhard Grüber qui habitait quelques kilomètres plus loin.


La forêt nourricière des Grüber

Juste avant d’être « rapatriés » en France à cause de la pandémie qui a perturbée les projets de chacun au printemps 2020, et qui continue à l’heure où nous écrivons ces lignes ; nous avons passé 2 semaines de woofing chez ce permaculteur de l’Ouest de l’Autriche et d’ailleurs ! …

Le personnage :

Bernhard est un ancien designer commercial. Un jour, en vacance en Croatie, sur la plage, il fait sa première rencontre avec la permaculture en lisant un livre. C’est une véritable révélation, Bernhard sent la cohérence des propos de cette pratique et laisse tout tomber pour s’y lancer à fond. Il va donc s’installer avec son père qui marchait déjà sur les voies de la permaculture et de la forêt nourricière depuis déjà une quinzaine d’années. Aujourd’hui, Bernhard anime des formations, des interventions en Tanzanie en hiver, écrit des livres, participe au dynamisme de la communauté local de permaculture et il accueil des woofers presque toute l’année qui l’aident à construire le lieu.

Son site (en allemand bien sur..) : https://permakultur.wordpress.com/

Le lieu et son fonctionnement :

Dans son jardin un petit hameau entre 3 maisons en Autriche, le père de Bernhard lança cette véritable forêt nourricière suite a son licenciement il y a 30 ans. Il fût un des pionniers de la permaculture à l’époque, et posa modestement les premiers jalons de sa forêt destinée à nourrir sa famille. Aujourd’hui il l’entretient avec son fils Bernhard au fil des projets.

Quand Bernhard s’est installé il y a 13 ans il lança les premières sessions de formations sur le lieu qui maintenant en accueille de nombreuses, dont des PDC (Permaculture Design Courses) qui permettent aux participants d’apprendre les principes de la permaculture et les bases du design d’un projet permaculturel.

Le fonctionnement du « business » si nous pouvons dire, est basé sur les formations données tout au long de l’année sur le lieu et en hiver dans les pays d’Afrique. Ce lieu fonctionne grâce à Bernhard et son père ainsi que la présence en permanence de volontaires de mars à octobre. Le lieu produit en été une abondance de nourriture pour nourrir la famille et les volontaires. Ils produisent en plus de nombreuses confitures de fruits en tous genre qu’ils peuvent distribuer tout au long de l’année.

Le lieu est super intéressant, mais dans ce voyage, à chaque fois où le fonctionnement des lieux est basé essentiellement sur l’accueil de volontaires, nous sentons un déséquilibre…. (Mais enfin ce n’est que notre avis)

Notre séjour chez les Grüber :

Nous sommes arrivés le dimanche 2 mars 2020 dans le petit lotissement de Stadhof, à la recherche de la fameuse forêt nourricière. Il y avait 3 ou 4 maisons et un champ de lamas au milieu de grands champs agricoles… nous cherchions la forêt !

Et nous avons découvert, attirés par le poulailler et la vue d’une serre, un petit espace pleins d’arbres, de toutes les tailles, entourés de jolis petits chemins sinueux . Il n’y avait même pas un hectare, et comme nous étions l’hiver, il était difficile de prime abord d’imaginer l’abondance que cette forêt produit sur ce petit bout de jardin. Mais en s’y attardant un peu plus, nous nous sommes rendu compte de la diversité et de la densité d’arbres et de plantes !

Voici une vidéo (en anglais) d’une petite visite de la forêt faite par Bernhard à l’automne 2019 :

Finalement nous avons beaucoup parlé avec Bernhard de cette forêt nourricière, mais à cette époque il n’y avait pas grand chose à y faire, le principale du travail est à la cueillette en été, car il y a des fruits par milliers et des légumes et herbes qui prolifèrent au pied des arbres ! C’est donc grosomodo le principe de FORET NOURRICIÈRE : réorganiser cette symbiose entre les différents étages forestiers, entre les organismes vivants (faune, flore et champignons) et avec l’homme afin qu’il puisse en cueillir les fruits !

Voilà pour un peu plus d’explications une schématisation des différentes strates d’un « jardin foret » ou forêt nourricière réalisée par le centre de recherche : La Forêt Nourricière.

Inoculation de champignons

Les 2 premiers jours nous avons aidé à l’inoculation de champignons dans des bûches.

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Le principe :

  • percer plusieurs trous ou fentes dans une bûche à l’aide d’une perceuse ou d’une scie.
  • Remplir le trou avec des spores de champignons que l’on peux commander sur des sites spécialisés.
  • Puis fermer hermétiquement avec de la cire d’abeilles (ou du scotch comme nous l’avons fait chez Bernhard, mais nous n’avons pas vraiment trouvé cette solution « durable »).
  • Il faut ensuite placer les bûches à l’abri de la lumière pour la phase d’inoculation qui dure environ 6 mois. Nous les avons placé sous des branches.
  • Après cette phase les bûches doivent être disposées de préférence dans un lieu humide et pas trop exposé comme dans la forêt ou sur la face Nord d’une maison par exemple.

Le bois est un milieu accueillant pour les champignons, d’ailleurs lorsque vous vous baladez en forêt vous observez des champignons sur des arbres vivants ou même morts…

Les spores que nous avons inoculés, comme le shiitaké, vont se développer dans les bûches puis produire 5 à 6 kilos par ans selon Bernhard.

Puis le reste du séjour nous avons surtout construit des buttes de permaculture pour un nouveau projet d’agroforesterie sur des terres un peu plus loin.

Construction de « Hügelbeet » : BUTTES DE PERMACULTURE

Voici un petit aperçu en vidéo de notre travail là bas, avec en prime pour ceux qui parlent en anglais, l’explication de Bernhard sur les buttes !

Vue par étage de la composition d’une butte :

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  • DÉCAISSER
    Tout d’abord nous avons décaissé le sol sur une vingtaine de centimètres de profondeur afin de pouvoir mettre de la matière et disposer ensuite de terre comme dernière couche.
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  • DU BOIS (Carbone)
    Ensuite, nous avons rempli l’excavation de bois mort (attention aux bois comme le saule, noisetier ou figuier qui peuvent repousser !) en essayant de les serrer un maximum et en bouchant les trous avec des petites branches.
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  • PAILLE (Azote) + FUMIER/COMPOST (Matières organiques)
    Lorsque la chose fût faite, nous avons déposé un paillage, de type foin ou tontes de gazon, sur le bois et nous avons ensuite recouvert le tout d’une couche de fumier.
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  • TERRE + COUVERTURE
    Pour finir nous avons remis la terre décaissée en faisant bien attention à mettre les herbes la tête en bas (ou les racines en haut si vous voulez). Puis nous avons couvert à nouveau de paille ou de laine de mouton.

Il faut utiliser les ressources disponibles sur le site, par exemple nous n’avons pas coupé des arbres exprès pour les buttes, nous avons utilisé des arbres morts. Comme paillage nous avons parfois utilisé du foin, parfois de la paille et comme ils avait de la laine nous l’avons aussi utilisée. Et comme fumier nous avons utilisé les fientes du poulaillers et du fumier de cheval d’un voisin.

Un peu d’explications à présent, parce que tout ça c’est bien jolie mais à quoi ça sert ?!!!

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Le bois est une source de carbone, qui, en contact avec de l’azote va rentrer en décomposition pour former de l’humus. L’humus, c’est un peu comme un « frigo » pour les plantes, il permet de stocker les nutriments car il est électronégatif. L’argile, hormis sont imperméabilité, possède les mêmes propriétés, d’ailleurs lorsque l’on étudie les sols, on parle du complexe argilo-humique. Je n’irais pas plus loin, mais vous l’aurez compris, notre but est d’obtenir de l’humus car ses propriétés sont excellentes et c’est lui qui va nourrir nos plantes.

La couche de foin et fumier vont apporter de l’azote. Le fumier va aussi apporter de nombreux micro-organismes favorables à la décomposition et à la production d’humus.

De l’humus va se former à la jonction Bois/Foin-fumier c’est à dire la jonction Carbone/Azote. La terre décaissée sera notre premier substrat de culture et la paille retiendra l’humidité du sol lors des fortes chaleur et empêchera le soleil d’éclairer la terre, ce qui nous fera beaucoup moins de travail face aux adventices 😉

Mais pourquoi une forme de butte ?

  • Pour augmenter la surface de culture ! Imaginons une ligne de 80 cm de large pour jardiner. Si c’est plat cela fait bel et bien 80 cm de surface de culture mais en forme de butte, cela fera 100 voir 120 cm de surface de culture pour 80 cm de large. On gagne donc 1/3 d’espace avec des buttes.
  • Pour optimiser ensoleillement (orientation Nord Sud des buttes) et créer également des zones semi-ombragées suivant l’orientation.
  • Ensuite, avec l’organisation présentée ci-dessus, cela fera un cocktail explosif de nourriture qui permettra de ne pas toucher la terre pendant 5 à 7 ans et qui pourra être rechargé en ouvrant à nouveau la butte si l’on observe un appauvrissement de la matière.

Après 2 semaines enrichissantes de dur labeur à creuser des buttes nous avions décidé de repartir le samedi 15 mars direction l’Allemagne, qui était à deux pas. Mais la pandémie du Coronavirus nous a rattrapée …

–> Rapatriement en France : Ce n’est pas un fin en soi !

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