IT-01 : Arriviamo nella Vallee d’Aosta

<– FR-05 : De la Provence jusqu’en Savoie

Notre première frontière

Nous sommes arrivés le 24 juillet 2019 en Italie, par le col du petit Saint Bernard (2 188 m). Nous l’avons gravit avec force et sueur, applaudis par les passants 😉 . Après 1 300 m de dénivelé positif, et bien Claire ne vous le cachera pas, c’est dur ! Mais ça se fait !

Une petite crevaison à 2 km du col à la nuit tombante nous a rappelé que nous n’étions pas increvables 😉 ! Nous avons campé dans un chouette petit coin de paradis pour notre dernière nuit en France !

Passer une frontière ça ne fait pas grand chose, on ne « sent rien » , surtout nos premiers jours dans la Vallée d’Aoste où beaucoup d’italiens parlent français. Le dépaysement arrive quand on fait les premières courses, qu’on regarde les panneaux de signalisation, que l’on mange beaucoup de pâtes et que l’on discute tout les jours avec les passants. Dans un pays latin, il est facile pour nous de comprendre et se faire comprendre, alors nous apprenons l’italien !

La Vallée d’Aoste

Notre première rencontre Italienne s’est faite le premier soir, au pied de notre grande descente, nous avons posé la tente sur le bord de la piste cyclable. Nous étions entrain de publier notre dernier article sur la france et de regarder la carte, quand Yolande et Luigi débarquèrent devant nous, à vélo avec le petit chien dans le panier.

Le voyage c’est les rencontres ….

Yolande a 82 ans et vit en Italie où elle a son atelier de peintures. Elle nous dit tout de suite : « Vous faites comme nous ! Nous aussi on voyage à vélo ! Et on a 80 ans passés ! » . Ils rentraient tout juste de faire les bords du fleuve Pô à vélo, de Pavie à Venise !

Luigi nous offre la carte de l’Italie, et il nous montre d’où ils viennent à vélo

Nous sommes impressionnés par l’énergie de Yolande et nous étions ébahis et enchantés devant son histoire. Après la mort de son mari elle a entrepris un pèlerinage de 13 ans à vélo ! Alors nous avons de quoi discuter ! Après cette rencontre nous nous couchons en nous disant que tout est possible quand on repense à Luigi et Yolande sur leurs vélos, ça nous fait chaud au cœur !

Et quel plaisir le lendemain matin quand nous nous sommes fait arrêtés par des grands signes de Yolande sur le bord de la route pour nous inviter chez elle pour le petit déjeuner et la douche ! Elle attendait notre passage ! Nous avons ainsi pu découvrir son univers, ses peintures et plus amplement ses aventures ! Quelle super « prima colazione » !

GRAZIE

Yolande nous montre ces écrits lors de son périple

Nous avons continué dans la vallée, en s’arrêtant à Aoste chez Cicli Luccini pour se faire réparer le boîtier de pédalier de Claire pour 5 euros symboliques, merci Marco 😉

Puis après ces premier jours de rencontres, nous avons passé 2 nuits sous les orages avec les moustiques à remballer le campement pour se mettre en sécurité en pleins milieu de la nuit.

C’est ça aussi l’aventure, quand tu te demande ce que tu fais là, et que le lendemain, en te faisant accueillir chez l’habitant, la question est loin derrière toi.

Voyager à vélo c’est s’imprégner pleinement d’une région, de son paysage, les conditions de vie, les gens, la faune et d’en prendre pleinement conscience !

La région agricole de Pavia

Après ces 2 nuits mouvementées nous avons découvert les premières rizières italiennes dans la région de Pavie. Et nous nous sommes fait accueillir par Giuseppe et sa fille Elena pas loin de Vercelli, en pleins milieu des rizières.

Ils nous accueillent « comme à la maison », après ces 2 nuits presque blanches, quel confort ! Nous sommes à l’abri des moustiques !

Quelle région ! Comme en Camargue, nous nous sommes sentis en « territoire hostile » pour le camping sauvage et le vélo, dès que nous ne sommes plus en mouvement, les moustiques arrivent….. Nous avons beaucoup travaillés sur nous même pour ne pas devenir fous des moustiques … 😉

Nous avons appris, grâce à nos hôtes, beaucoup de choses , car ils sont commerciaux dans le riz. Décidément nous sommes bien tombés nous qui voulions en apprendre plus sur le riz ! (ce voyage nous fait réaliser qu’il n’y a pas de hasard finalement… 😉 )

Comme nous l’avions entendu en Camargue, la riziculture en Italie est d’un tout autre ordre. Nous parlons d’ailleurs de l’exploitation de Bernard avec les canard dans les rizières ( voir notre article sur la Camargue ICI) et Elena nous demanda quelle est sa production. Nous lui répondons : « 80 tonnes de riz par an », et elle nous précisa à titre de comparaison que elle signe des contrats qui sont à plus de 1 000 tonnes.

Nous avons en Italie découvert une riziculture totalement différente : avec 120 000 hectares l’Italie produit environ 60% du riz Européen (plus d’un million de tonnes par an).

En Italie la particularité c’est les deux espèces typiques de riz rond () permettant de faire le « risotto », ils ne sont produit qu’en Italie. Mais sinon ils produisent une grande diversité d’espèces de riz japonica : riz à long grain, riz noir, riz parfumé, basmati et même du riz violet et orange qu’une rizicultrice a découvert spontanément dans son champ et a décidé de cultiver. Pour de multiples usages : riz de cuisine, riz soufflé, farines, composition de biscuits, gnocchis de riz…

Nous n’avons pas vue de « petite » riziculture en Italie, sur 3 jours et demi nous n’avons pas changé de paysage (donc sur un peu plus de 150 km), et c’est bien la première fois que cela nous arrive depuis 3 mois de voyage.

Notre premier réflexe fût de nous arrêter à l’entrée des premières rizières et d’écouter, nous étions seuls sur la route : il n’y avait pas un bruit ….

C’était très troublant, nous avions suivis un peu l’autoroute depuis le début, et là nous nous retrouvions dans un semi silence… Mais ce qui retenait le plus notre attention fût l’absence du bruit des insectes … Nous avons croisé des libellules, et le soir des moustiques, mais ça ne grouille pas, il y a des oiseaux, mais ça ne pullule pas … Ce fût flagrant.

Giuseppe a d’ailleurs remarqué au fil du temps l’absence des insectes, et la diminution des grenouilles et libellules ! Il nous raconta que les oiseaux au long bec, que nous avons croisé dans les rizières, viennent d’Afrique du Sud, ce sont des ibis. Ils sont arrivés lors d’une migration et ne sont plus repartis. Et malheureusement pour elles, ils sont très friands des grenouilles.

Il nous explique comment ont évolués les techniques, notamment de désherbage des canaux d’irrigation :

Avant, sur les digues qui composent les canaux, poussaient des arbres qui faisaient de l’ombre au canal. Ainsi grâce à cette ombre la végétation se développait doucement et il fallait désherber une fois l’année et le plus souvent à la main car il y avait plus de mains d’œuvre à l’époque et les rizières étaient plus petites. Mais avec l’arrivée de la mécanisation, les arbres ont disparu pour laisser place aux machines… et la végétation dans les canaux se développe, sans l’ombre des arbres, beaucoup plus rapidement, ainsi il faut passer plusieurs fois dans l’année, ils appliquent du désherbant directement dans le canal, directement dans l’eau ….

Cette histoire d’arrivée de la mécanisation, de l’agrandissement des parcelles avec la diminution des haies ne vous est peut être pas inconnue…

Sur ces quelques photos nous essayons de vous faire partager ce que l’on a vu : des rizières vertes et les alentours jaunes de traitements.

Ces photos n’ont rien d’accusateur, c’est juste un constat.

Nous leur avons demandé finalement : Y a t’il du riz bio ?

« Oui, peut être 15% de la production ». Les riziculteurs sont obligés de faire des rotations de cultures en bio. Ils alternent le riz avec des cultures de soja en Italie, en Camargue les terres se prêtaient plus aux blé, la luzerne. Les riziculteurs bio italiens se servent du soja comme d’un engrais vert* vu qu’ils ne doivent pas apporter de produits chimiques sur leurs cultures. Mais Giuseppe nous rappel qu’essentiellement le riz ici c’est de la monoculture, du riz chaque année sur les mêmes parcelles…

*engrais vert : culture fertilisant le sol, ayant le rôle d’un engrais et restituant des éléments pour la culture suivante.

Nous nous sommes fait la même réflexion qu’en Camargue, la culture du riz est aquatique, et l’eau est la même pour tout le monde, bio ou pas bio. Giuseppe nous confirme qu’il ne boit pas l’eau du robinet car ils vivent dans une région la plus polluée d’Italie avec son agriculture et ses industries… Et il nous apprend également que le riz a la capacité de capter des pollutions telles que l’arsenic, et ils ont se problème la ici ..

Nous avions eu aussi cette sensation en roulant dans cette région une semaine : peu de biodiversité, pas d’endroits où se réfugier outre les champs de riz traités, les interminables champs de maïs que nous traversons, les champs de blés, l’arboriculture qui ressemble a tout sauf a une foret et le must du must : les champs de tomates pour les conserves …. Nos photos ne parleront peut être pas assez, mais ce que nous retiendrons c’est que cette région fût hostile pour nous par son agriculture qui a transformé le paysage mais accueillante par les gens !

Petite anecdote sur les tomates : elles poussent pleins champs et nous nous apercevons qu’il n’y a aucunes autres plantes qui poussent, qu’il n’y a pas de « mildiou » … très bien mais avec les quantités de tomates qui poussent les unes sur les autres, comment ça se fait qu’aucuns champignons se développe ?

Et bien on s’en doute c’est super traité, nous voyons de nombreux tracteurs pulvériser. Et à la dame de la supérette nous invitent à ne pas manger les tomates de ces champs, « ils mettent des produits… un jour avant la récolte les tomates sont encore vertes, ils passent avec un « maturante » (un engrais) et dans la nuit elles deviennent rouges, mais elles sont dures comme la pierre.. » . Elles nous a donc apporté les tomates de son propre jardin, qu’elle nous donne avec des œufs de ses poules !

Nous avons assisté à des récoltes, elles se font au tracteur muni d’un gros tapis de tri et d’un déversoir qui déverse les tomates triées dans la benne d’un autre tracteur, les tomates font une chute de plus d’un mètre dans la benne et restent intactes

Voici quelques faits à méditer …

Bon et bien pour nous le riz de Bernard n’a pas de pareil en Italie, et si nous devons manger du riz à notre retour nous achèterons notre sac de 25 kg en Camargue, de riz COMPLET ! Ou nous produirons notre riz qui sait !? … Car en parallèle nous lisons « La révolution d’un seul brin de paille », où Masanobu Fukuoka nous parle de ses rizières et surtout de l’agriculture naturelle …

TRÈS INSPIRANT, voici un petit documentaire qui peut être vous donnera envie d’ouvrir ce livre très instructif pleins de cohérence.


Nous essayons maintenant de changer de rôle, après l’observation et le recueil des histoires des locaux, ça nous manque un peu de mettre la main à la pâte et nous voulons découvrir les alternatives italiennes !

Alors à bientôt pour de nouvelles aventures, sûrement à la ferme ! 😉

IT-02 : Casa Rossa e Fattoria sociale il Ponte –>

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